Que faire en cas de panne d’écriture ?

Quand on écrit un livre pratique, la panne d’écriture est rare puisque l’auteur est supposé développer un sujet qu’il connaît par cœur et qui le passionne. Mais je n’irai pas jusqu’à dire qu’elle n’existe pas car il m’est parfois arrivé de me retrouver bloquée devant ma page, l’esprit absolument vide…

Avant de suggérer quelques remèdes, autant poser le bon diagnostic !

Pourquoi êtes-vous bloqué ?

Les raisons peuvent être nombreuses et, parfois, très personnelles. Dans cet article, je m’en tiendrais donc à ma propre expérience et à celles de mes clients.

Dans le Top 10 des raisons les plus fréquentes, on retrouve:

  • j’ai voulu aller trop vite (la fatigue). Pour moi, un grand classique. Le client, hyper motivé, me contacte car il est pressé et donc exigeant. Il n’y a pas de temps à perdre, son livre doit être sorti dans un mois maxi. Pour lui, ce n’est pas un problème. Il écrit bien (c’est son entourage qui le dit) et surtout, en ce moment, il peut consacrer huit heures par jour à l’écriture de son livre. Malheureusement, pour une personne qui ira au bout, neuf abandonneront. La pression est trop forte. Sachez qu’il est très difficile d’écrire, avec la même envie et le même enthousiasme, pendant des jours entiers d’affilée. Essayez de ne pas confondre vitesse et précipitation.
  • j’écris quand j’ai le temps (le manque de régularité). A l’autre extrémité, vous avez le futur auteur un peu cool qui pense que le livre va s’écrire tout seul, un paragraphe par ci, une phrase par là. Cette approche est redoutable car, faute d’organisation, le jour où il peut consacrer du temps à son livre…il ne sait plus où il en est, ni ce qu’il voulait dire. Résultat : il perd du temps à chaque fois qu’il se remet en écriture.
  • j’ai trop d’idées et j’ajoute de nouveaux chapitres au fur et à mesure (la dispersion). Avez-vous parfois l’impression que votre tête va exploser tant vous avez de choses à faire dans la journée ? Et l’angoisse de ne pas y arriver vous conduit à procrastiner ? C’est exactement ce qui arrive aux futurs auteurs qui, faute d’avoir établi un sommaire cohérent, partent dans toutes les directions à la fois sans parvenir à écrire une ligne. J’en parle avec humilité car j’étais une grand spécialiste du « il faut que je parle de çà, et de çà et de çà aussi ». La réponse : travailler sur le sommaire en amont et se rappeler toujours pourquoi on écrit et à qui on écrit. Cela limite considérablement le nombre d’idées venant perturber le processus d’écriture.
  • je m’auto sabote (la peur de réussir). Qu’il s’agisse d’entreprenariat ou d’écriture, cette peur est beaucoup plus fréquente qu’on ne le pense. Donc tout va bien pour notre auteur, il termine son manuscrit et d’un seul coup plus rien. S’il travaille avec moi, il reporte la séance où l’on aborde l’édition et la promotion du livre. S’il écrit seul, il range son manuscrit et promet de trouver un éditeur rapidement. J’ai vu de bons auteurs s’arrêter à quelques mètres de la ligne d’arrivée…J’en ai moi-même fait l’expérience : après avoir envoyé mon premier manuscrit, je n’ai jamais donné suite à une demande de rencontre d’un éditeur. Trop la trouille !
  • je ne suis pas à l’aise avec le sujet (la raison avant le cœur). Quelquefois le futur auteur choisit un sujet après de longues recherches : Google, les mots-clés, la niche, le marché…Il se lance vaillamment puis tout s’arrête pour une raison simple mais difficile à exprimer quand on a déjà écrit 120 pages…Le sujet ne l’inspire pas. Il a peut-être fait le bon choix en termes de marketing mais le cœur n’y est pas, donc tout s’arrête. Quelles que soient vos raisons d’écrire, écrivez un livre qui soit en accord profond avec qui vous êtes et le message que vous voulez diffuser. Il est arrivé à certains de mes clients de vraiment tomber en panne d’écriture ou de « traîner » d’une séance de coaching à une autre. Une fois le problème identifié, le livre était écrit en quelques semaines.
  • j’ai l’impression de n’avoir plus rien à dire (le manque d’idées). Quand un auteur reste à la surface de son sujet, son idée peut tenir en quelques pages…Et on fait quoi, après la page 50 ? On se met à la place du lecteur et on développe ! En qualité d’expert, l’auteur connaît son sujet en profondeur et ne voit pas toujours l’intérêt ou l’utilité de partir des fondamentaux. Combien de fois ai-je dû demander à des clients de m’expliquer un terme technique que je ne connaissais pas ou de me dire qui était cette « célébrité » dont je n’avais jamais entendu parlé! Dans ce cas précis, le futur auteur ne sait plus quoi dire parce qu’il ne sait pas suffisamment demandé où était le déficit d’informations pour son lecteur. Une fois ce blocage identifié, il est heureusement facile de le lever.
  • les idées sont là mais je n’arrive pas à faire le lien entre elles (l’absence de structure). Très enthousiaste à l’idée d’écrire un livre (tant mieux !), l’auteur est parti bille en tête et a commencé à rédiger sans réfléchir au chemin entre le point A et le point B. Par expérience, quand on est bien avancé dans l’écriture d’un livre, une panne prolongée est moins une question de thématique ou d’inspiration qu’un problème au niveau de la structure. Il faut parfois avoir le courage de remettre son sommaire en question et de le réorganiser autrement. Rappelez-vous, rien n’est gravé dans la pierre.
  • je ne sais plus pourquoi j’écris ce livre (des objectifs mal définis). Comment s’engager avec succès dans un projet de plusieurs semaines voire de plusieurs mois quand on perd de vue ses motivations. Certains auteurs se découragent car, au bout de quelques semaines, ils ne savent plus vraiment pourquoi ils ont décidé d’écrire un livre. Bien sûr, c’est un excellent outil de marketing mais suffit-il de le savoir pour rester motivé jusqu’à la publication ? Avant de commencer à écrire demandez-vous pourquoi vous voulez vous lancer. Il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises réponses. Mais les connaître et les accepter (pas toujours évident de s’avouer qu’on écrit pour être connu par exemple) permet d’éviter des blocages douloureux.
  • ce que j’écris n’intéressera personne (le manque de confiance). Autant le dire, ce blocage ne survient pas immédiatement. Il attend sournoisement que le futur auteur soit bien avancé dans ses recherches et sa réflexion. Et un matin, alors qu’il a annoncé à tout le monde qu’il écrivait un livre, le doute s’abat sur lui. A quoi bon ? Tout a déjà été dit et par des personnes plus connues ou plus expérimentées que lui. Dans l’interview qu’elle m’a accordée Cécile Neuville évoque ce type de blocage. Et sa réponse est simple : chacun a ses mots, sa manière de dire les choses. Peut-être allez-vous toucher une personne restée indifférente au message d’une personnalité plus connue que vous. Et si, c’est le cas, le jeu en vaut largement la chandelle.
  • il faut d’abord que je trouve mon titre (mettre la charrue avant les bœufs). Certains clients sont littéralement bloqués tant qu’ils n’ont pas trouvé le titre de leur livre.  Ce n’est pas une mauvaise chose de penser à la fin du voyage, et je n’empêcherai jamais un futur auteur de rêver de son livre. Mais si la recherche du titre parfait empêche de passer à l’action, il y a un problème. Que penseriez-vous d’un restaurateur qui passerait plus de temps à trouver le nom de son plat plutôt que de l’élaborer en cuisine ? Vous avez l’image ? Donc, si vous avez vraiment besoin de trouver votre titre, faites-le mais enlevez vous toute pression en déclarant qu’il s’agit d’un titre provisoire et non définitif. D’ailleurs, vous verrez, il va évoluer !

Que pouvez-vous faire ?

Une fois les blocages identifiés, certaines solutions s’imposent d’elles-mêmes;

  • Organisez-vous pour écrire peu mais avec régularité. 20 minutes par jour pendant 100 jours permettent d’écrire le premier jet d’un livre de 150 pages. Ecrire un livre dépend plus de la régularité que de l’intensité.
  • Bloquez des rendez-vous dans votre agenda et organisez votre travail à l’avance. Avant de vous coucher le soir, prenez un peu de temps pour relire vos notes et pensez au point que vous voulez développer le lendemain. Une de mes clientes, relisait ses pages pendant son petit-déjeuner, pensait aux nouveaux développements en prenant sa douche, et était donc en mesure d’écrire dès qu’elle s’asseyait à son bureau.
  • Prendre du recul et aller se promener. Si le blocage est ponctuel, n’y accordez pas plus d’importance que nécessaire. Ne restez pas devant votre ordinateur et faites autre chose. J’ai souvent retrouvé l’inspiration en écoutant la radio ou en allant chercher mes enfants à l’école. Inquiétez vous uniquement si le blocage dure plusieurs jours et que vous perdez l’envie d’écrire.
  • Passer du temps sur la structure de votre livre. Quelle que soit le coaching choisi, j’invite toujours mes clients à prendre le temps de réfléchir à la structure de leur livre. Stephen King a écrit qu’un jour passé sur le plan d’un roman permet de gagner trois jours d’écriture. C’est la même chose pour le livre pratique.
  • Se demander si vous aimez vraiment la thématique de votre livre. SI la réponse est non, changez-en. Mon credo est « écrire un livre facilement, rapidement et avec plaisir ». Le mot plaisir est important !
  • Posez des questions et mettez-vous à la place du lecteur. Si vous étiez face à quelqu’un dans la vraie vie, vous arrêteriez-vous de parler au bout de quelques minutes parce que vous ne savez plus quoi dire ? Bien sûr que non ! Le lecteur a une problématique, vous avez la solution et votre mission est de l’aider. Engagez une conversation avec lui, allez au fond des choses comme vous le feriez avec un ami ou un voisin. Les mots, les images, les exemples viendront naturellement.
  • Se stimuler avec un coaching de groupeRien de tel que des rendez-vous réguliers avec un coach et un groupe de pros engagés dans l’écriture pour vous soutenir dans votre projet. Partage, soutien, questions et réponses en direct…le nouveau groupe se réunit pour la première session le 19 octobre. Inscrivez-vous ici. Et il y a un bonus, si vous nous rejoignez avant le 12 octobre. Alors agissez vite !

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