Écriture : les 10 erreurs les plus fréquentes

femme écrivantQu’il s’agisse de présenter son manuscrit à un éditeur ou de préparer son livre pour l’autoédition, une relecture attentive est indispensable. J’ai demandé à Véronique Stefanelli- Coradazzo, correctrice professionnelle, d’établir son Top 10 des erreurs les plus fréquentes et des expressions les plus étonnantes rencontrées dans son travail.

Une question de correction… en 10 variations

1- La confusion entre l’infinitif et le participe passé : « er » et « é »

Par exemple : « Il a hésité à accorder le verbe ».

Pour ne plus se tromper, « Il a pris l’habitude de remplacer… » les verbes se finissant en « er » par des verbes du 3ème groupe dont le participe passé ne se termine pas par  « é ».

2 – La confusion entre « c’est «  et « s’est », « ça » et « sa »

Par exemple : « C’est comme ça qu’il s’est mis à raconter sa version des faits ».

Pour rappel :

C’est ça  est la contraction de ceci est cela (démonstratifs)

Il s’est : se + être

Sa version:  la sienne, pronom possessif

Par exemple :

Il sait que c’est simple.

C’est : cela est

Il sait : verbe savoir

3- La confusion entre « où » et « ou », « à » et « a »

Par exemple : vas-tu ? À la maison ou au bureau ?

Pour rappel :

avec accent indique le lieu

ou sans accent signifie ou bien

à avec accent  indique la destination

a sans accent est la troisième personne du singulier du verbe avoir au présent.

[Je voudrais signaler une erreur d’usage très fréquente. On entend et on lit fréquemment : Elle se balade en vélo… Et pourtant, elle n’est pas à l’intérieur du vélo, elle est dessus. C’est pourquoi il faut dire et écrire à vélo, à scooter, à cheval.]

point d'interrogation4 – La confusion entre « quel que » ou « quelle que », « quelque » ; « quoique » ou « quoi que »

Pour ne plus se tromper, cherchez le sens…

Quelle que soit l’hypothèse:  quoi que ce soit

Quelque nombre que ce soit : un certain

Quoique est équivalent à bien que : quoique tu sembles sincère, c’est difficile à croire

Quoi que je dise, personne ne m’entend vraiment : quelle que soit la chose que…

5 – L’accord de faire lorsqu’il est suivi d’un infinitif

Pour rappel, faire ne s’accorde pas lorsqu’il est suivi d’un infinitif. C’est pourquoi on écrit « Elle s’est fait publier » malgré la présence de l’auxiliaire être.

6 – Balade ou ballade ?

Et puisque j’ai évoqué les balades, rappelons que :

la balade, avec un l, est la promenade

la ballade, avec deux l, désigne un poème ou une chanson.

7 – Deux expressions méconnues

Bayer aux corneilles (et non bâiller)

Bayer signifie rester bouche bée et aux corneilles à regarder en l’air.

Au temps pour moi (et non autant pour moi) vient d’un terme militaire qui signifie rectifier le tir et, par extension, cette expression invite à reprendre le mouvement depuis le début, à reconsidérer les choses.

8 – La typographie… appliquée.

Apostrophe ou tiret ? De quelle sorte de liaison s’agit-il ? Telle est la question !

Pour rappel :

L’apostrophe indique une ellipse de lettre.  On n’écrit pas : se agit-il

Le tiret précise une liaison d’usage, notamment à la lecture orale : s’agit-il, est-il…

Le tiret simple est utilisé dans les mots composés et les énumérations

L’italique est utilisée pour les citations et les mots étrangers placés dans un texte : « Nous avons eu une séance de brainstorming »

Les points de suspension vont toujours par trois…

L’abréviation etc. ne prend qu’un point à la fin (inutile de lui ajouter des points de suspension).

9 – De l’espace…

Pour rappel :

On insère l’espace avant et après un signe double le point virgule, le point d’exclamation, le point d’interrogation, le pourcentage…

La virgule et le point sont des signes simples : l’espace se place uniquement après.

Pas d’espace avant et après l’apostrophe et le tiret.

 10 – Unifier

Respecter le code typographique et l’appliquer à l’intégralité du texte ajoute du sens et de l’originalité. C’est une marque d’attention portée au lecteur, une preuve de correction.

Un conseil ? Le sujet s’accorde toujours avec le verbe… mais il arrive souvent que le sujet ne soit pas celui que l’on croyait : un certain nombre de désaccords dans la phrase arrivent par une méconnaissance de la fonction des mots — ce qui pose d’ailleurs problème aux correcteurs automatiques. Lorsque l’auteur se concentre sur l’idée qu’il exprime, il délaisse un temps la forme, d’où l’importance d’écrire, de laisser reposer le texte, et de relire plus tard.

Véronique Stefanelli-Coradazzo est rédactrice- correctrice professionnelle. Retrouvez-la sur www.ecriturealademande.fr

 

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